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“Dans les ténèbres, l’imagination travaille plus activement qu’en pleine lumière.” (Emmanuel Kant, La Fin de Toute Choses)

Studio

Dans l’Allégorie de la Caverne, Platon décrit le récit d’un groupe de personnes qui ont vécu toute leur vie, enchaînés dans une caverne, face à un mur noir. Sur la paroi de la caverne, les prisonniers observent les ombres projetées par des objets qui passent devant un feu placé derrière eux. Ils assignent un sens aux formes des ombres, qu’ils présument être la réalité. Le prisonnier qui est libéré comprend que les ombres projetées sur le mur de la caverne ne représentent pas la vérité et il réalise la vrai forme de la réalité plutôt que seulement son ombre. (Platon, La République, Livre VII)

Comme les ombres projetées sur la paroi de la caverne, mes oeuvres sont un reflet de la réalité des objets et une répétition de formes indéfinies dans le noir. Je cherche à représenter le mur, la vision du captif encore enchaîné dans la noirceur à décoder et interpréter des ombres. En observant les tableaux longuement, je commence à reconnaître des formes et à les identifier. Contrairement aux prisonniers de la caverne qui imaginent le sens de ce qu’ils voient, j’ai une existence de références à comparer avec les montages. Je perçois des scènes fantaisistes, des créatures mythiques, des planètes et des galaxies. L’Allégorie de la Caverne parle de l’incapacité de prendre conscience de la réalité; j’aspire à montrer les capacités de l’imagination.

Cave

Le philosophe et théologien canadien Bernard Lonergan explique: “un tout est constitué de parties. Toutes les parties sont reliées ensemble et reliées au tout. Le tout est une unité et de retirer une partie détruirait le tout. Un tel tout est une structure. Les parties du toutpeuvent être des choses ou des activités. Un tel tout est une matérialité dynamique. Le dynamisme n’est pas limité aux parties et le tout peux s’assembler et se constituer lui-même. C’est une structure dynamique.”  (Bernard Lonergan, Collected Works of Bernard Lonergan, Vol. 4, 205-206)

Je relie numériquement (dans Photoshop) les parties d’une structure, individuellement photographiées, pour assembler des installations virtuelles. Je construis les morceaux avec des matériaux fragiles, avec l’intention de les fragmenter. Je déconstruis les pièces en les déformant et en les démantelant. Je travaille dans la noirceur, simplement éclairé à la chandelle. Je documente chacune de mes interventions et je reconstitue les séquences de la transformation dans l’ordinateur pour fabriquer une maquette dépeignant mon interprétation de l’expérience.  Je ne cherche pas à représenter la réalité de l’activité mais plutôt une abstraction du processus, une synthèse du développement et de l’adaptation des parties pour unifier une structure imaginaire.