Argiles_02

“Orignal Argile”.
Impression jet d’encre, 2013.

_IGP5812 _IGP5813 _IGP5814 _IGP5815 _IGP5816 _IGP5817 _IGP5818 _IGP5819 _IGP5820 _IGP5821 _IGP5822 _IGP5823 _IGP5824 _IGP5825 _IGP5826 _IGP5827 _IGP5828 _IGP5829 _IGP5830 _IGP5831 _IGP5832 _IGP5833 _IGP5834 _IGP5835 _IGP5836 _IGP5837 _IGP5838 _IGP5839 _IGP5840 _IGP5841 _IGP5842 _IGP5843 _IGP5844 _IGP5845 _IGP5846 _IGP5847 _IGP5848 _IGP5849 _IGP5850 _IGP5851 _IGP5852

Advertisements

“Dans les ténèbres, l’imagination travaille plus activement qu’en pleine lumière.” (Emmanuel Kant, La Fin de Toute Choses)

Dans l’Allégorie de la Caverne, Platon décrit le récit d’un groupe de personnes qui ont vécu toute leur vie, enchaînés dans une caverne, face à un mur noir. Sur la paroi de la caverne, les prisonniers observent les ombres projetées par des objets qui passent devant un feu placé derrière eux. Ils assignent un sens aux formes des ombres, qu’ils présument être la réalité. Le prisonnier qui est libéré comprend que les ombres projetées sur le mur de la caverne ne représentent pas la vérité et il réalise la vrai forme de la réalité plutôt que seulement son ombre. (Platon, La République, Livre VII)

Comme les ombres projetées sur la paroi de la caverne, mes oeuvres sont un reflet de la réalité des objets et une répétition de formes indéfinies dans le noir. Je cherche à représenter le mur, la vision du captif encore enchaîné dans la noirceur à décoder et interpréter des ombres. En observant les tableaux longuement, je commence à reconnaître des formes et à les identifier. Contrairement aux prisonniers de la caverne qui imaginent le sens de ce qu’ils voient, j’ai une existence de références à comparer avec les montages. Je perçois des scènes fantaisistes, des créatures mythiques, des planètes et des galaxies. L’Allégorie de la Caverne parle de l’incapacité de prendre conscience de la réalité; j’aspire à montrer les capacités de l’imagination.

Le philosophe et théologien canadien Bernard Lonergan explique: “un tout est constitué de parties. Toutes les parties sont reliées ensemble et reliées au tout. Le tout est une unité et de retirer une partie détruirait le tout. Un tel tout est une structure. Les parties du tout peuvent être des choses ou des activités. Un tel tout est une matérialité dynamique. Le dynamisme n’est pas limité aux parties et le tout peux s’assembler et se constituer lui-même. C’est une structure dynamique.”  (Bernard Lonergan, Collected Works of Bernard Lonergan, Vol. 4, 205-206)

Je relie numériquement (dans Photoshop) les parties d’une structure, individuellement photographiées, pour assembler des installations virtuelles. Je construis les morceaux avec des matériaux fragiles, avec l’intention de les fragmenter. Je déconstruis les pièces en les déformant et en les démantelant. Je travaille dans la noirceur, simplement éclairé à la chandelle. Je documente chacune de mes interventions et je reconstitue les séquences de la transformation dans l’ordinateur pour fabriquer une maquette dépeignant mon interprétation de l’expérience.  Je ne cherche pas à représenter la réalité de l’activité mais plutôt une abstraction du processus, une synthèse du développement et de l’adaptation des parties pour unifier une structure imaginaire.